Geneviève (de Fontenay)

Ah Geuuuneeuuuuuuuviève , Geneviève , ma vieille gaufrette , amour interdit — tes parents ne veulent pas de moi , un simple roturier —, ma passion contrariée… Un jour , je viendrai t’enlever sur mon Solex et nous irons goûter aux plaisirs défendus des auto-tamponneuses.

Mieux, nous irons aux montagnes russes et le vent soulèvera tes jupes sur tes cuisses maigrelettes décorés de cicatrices d’ escarres variqueux , tandis que pour passer le temps et te prouver mon amour , je te taperais sur la moumoute avec une batte de base-ball avant de te noyer à moitié dans le bassin des Tuileries .

Puis nous irons boire un chocolat chaud chez Angelina et pour te réchauffer, je t’en verserai un litre bouillant dans l’oreille droite , celle de ton appareil , avant de t’oublier au vestiaire du zoo .

En attendant , ma fleur de poireau fanée , je te dédie ce tatouage du Grateful Dead un poil vaudou que je me suis fait profondément insculpé juste au dessous du nombril , tu sais la tête de mort avec le chapeau couvert d’hortensias . Bien le bonjour à Toutankhamon et à la revoyure , vieille bête .

Quelle journée parfaite ça sera ! Tu m’as réellement accroché , je me sens quelqu’un d’autre , quelqu’un de bon …

Non , en fait je frime , je me fais du cinéma . La vérité , c’est que tu me fous les jetons , Geneviève . Es-tu mortelle ? Es tu revenue d’entre les morts ? Jamais ça ne s’arrêtera , ton cirque ? Quel est ton mystère ? Pompes tu la vitalité de ces jeunes femmes pour vivre éternellement ?

Je t’imagine couchée le soir , seule, en nuisette transparente couleur chair décomposée dans ton cercueil , dans ce château immense aux allées bordées de poireaux majestueux . Tu te prélasses dans le capiton clouté d’or et tu te remémores toutes ces amours tumultueuses qui ont orné ta vie , le Père Dupanloup , Felix Faure , Sadi Carnot , Léon XIII, le Maréchal Berthier , Bonaparte lui même , cinq ou six Borghia et toute la dynastie des Ramsès .

On murmure même que Sarah Bernardt , Marthe Richard et la Reine de Sabbah … Rien que l’idée me submerge d’un torrent de testostérone que double un tsunami d’adrénaline . C’est pas compliqué , tu m’ électrifies d’érotisme . Par pitié , si tu as deux ou trois daguerréotypes qui traînent , vends les moi .

Oui , tu me fous les jetons , mamie , je te l’ai déjà dit. T’as l’air sympa comme ça , style la grand-mère à Boy Georges , mais y’a un mystère , un truc pas sain , ça sent le soufre , tant de beauté intacte malgré l’outrage de l’érosion et de la dérive des continents . Ce ne peut être que l’ouvrage de Monseigneur le Dyable.

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