Théâtreuse de rue

Ah la théâtreuse de rue… Un poème…
D’abord, règle numéro un , les poils , jambes , auréoles, dessous de bras et mouflon , la jungle , avec parfois des bêtes . Sale de la fesse .
Ensuite le calbut. Grand , large , immense , un hamac , blanc en général , du moins les deux premières semaines.
Chicots pourris , roule de l’ Amsterdamer , haleine de yak. Fume du tesh comme une conne d’ado , peut pas s’endormir sinon.
Deux enfants minimum. A eu une fille à seize ans avec un clown guatémaltèque trépané , et un garçon à trente, avec un percussionniste jamaïquain rencontré aux Interceltiques.
Pue le chat , toujours . Ça masque les odeurs du mouflon et du patchouli réunies .
Toujours frisée , très , vaguement rouquine fréquemment . Gros derche , informe vers la trentaine , gros lolos spécial tiers-monde .
A reçu une bonne éducation à la base, souvent fille de toubib ou d’enseignants. Parle encore à trente ans de «ses vieux» et rentre encore au bercail quand il fait froid à Aurillac.
Les grands parents élèvent les deux chiards métis . La gamine s’en sortira , deviendra infirmière libérale mariée à un pasteur danois. Le gosse terminera junkie , avec des bouffées schizophréniques.
Crédulité abyssale , se fait estamper en permanence , suffit de geindre et de ressembler à une victime du capitalisme , du colonialisme , des flics , du patronat , de la société…
Couche avec tous les chats de gouttière , exotiques évidemment (l’autochtone est transparent , sauf dreadlocks de un mètre vingt minimum)
Ne sais rien , ne comprend rien , confond tout , mais parle parfaitement le tibétain (des hauts plateau du Nord), et peut réciter le Livre des Morts en version originale.
Sinon , restes de culture bourgeoise , très conformiste au final.
Ramasse un max de maladies du mouflon .
Se soigne aux plantes , puis aux urgences un mois plus tard.
Finit par hériter de la petite maison en Provence , vend l’appart de Paris , se fout à la colle avec un clando algérien plus jeune de vingt ans , et termine en morceaux dans une valise vers la soixantaine.
Incinérée . Sa fille refusera l’urne mais sera présente.

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One response to “Théâtreuse de rue”

  1. kobus van cleef says :

    La fin est excellente
     »finira en morceaux dans une valise vers la soixantaine, sera incinérée, sa fille refusera l’urne mais sera présente à la cérémonie »
    Toute une tranche de vie, comme aurait pu en écrire Lauzier

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