«Mais les Noirs participent bien à l’histoire de ce pays au quotidien»

[aout 2010][réponse] A partir du moment où l’on habite quelque part, on participe à l’histoire de l’endroit, en bien ou en mal . Votre phrase n’a donc aucun sens .

D’abord, c’est quoi un “noir” en France métropolitaine ? A part la race , concept que récuse la doxa ? Quel point commun y-a t-il entre un CRS antillais et un clando togolais ?

Je suppose que ce que vous voulez dire, c’est que les noirs ont joué dans l’histoire de ce pays et également dans son présent (notion d’histoire au quotidien ?) un rôle globalement positif .

Evidemment, votre phrase étant basée sur une formulation racialiste , toute réponse négative , même modérément négative, devient “raciste” . Seule une approbation d’otarie enthousiaste clapotant des nageoires avec un sourire béat serait politiquement correcte et non répréhensible .

C’est un piège sémantique classique de la pensée totalitaire , dite antiraciste , qui n’est qu’un racisme “inversé” .

Et pourtant , toujours dans le cadre que vous avez formulé , la réponse est : globalement , non , ce rôle n’est pas positif .

L’analyse au cas par cas n’a pas de sens , ni d’intérêt . On opposera sans avancer le cas de tel brillant médecin ou honnête travailleur (fort nombreux) à tel ou tel crétin de rappeur aussi vindicatif que limité, ou pire de délinquants , trafiquants ou criminels (fort nombreux aussi) .

Même s’il est bien clair qu’un bilan social qui serait fondé sur le critère racial que vous initiez serait , en France , très chargé au passif s’agissant en tout cas d’arrivants récents, ce n’est pas sous cet angle qu’il faut voir le problème .

La seule façon d’envisager la question qui tienne la route , c’est de savoir si la coexistence raciale , lorsqu’elle concerne un grand nombre d’individus , est viable , positive , souhaitable , créatrice , pacifiée etc.

En un mot, est-ce que les sociétés multiraciales sont “mieux” ou « pires” que les autres . Et là , la réponse devient évidente . C’est une équation , maintes fois éprouvée sous nos yeux par le présent et l’histoire .

Une société non-ethniquement homogènes perd en frictions inter-ethniques une énergie dont le niveau est directement lié à la quantité et au degré d’éloignement ethno-culturel des membres des communautés minoritaires qui la compose d’avec la communauté majoritaire .

Le facteur racial étant une composante qui intervient de façon déterminante dans cet éloignement ethno-culturel .

Il n’est pas nécessaire que ce degré d’éloignement soit très élevé pour devenir un facteur de troubles. Il suffit seulement que des divisions apparaissent dans la société et que des sentiments d’appartenance identitaires communautaires se manifestent . Le degré d’éloignement entre Irlandais catholiques et protestants n’est pas élevé . Il n’est même pas racial . Celui entre Serbes et Bosniaques non plus . Pas plus qu’entre Tutsis et Hutus .

La quasi totalité des conflits du XXe siècle peut s’expliquer par une fracture ethno-culturelle au sein d’une nation . Y compris les moins corrélés à cet explication par les historiens . Qui sait par exemple que l’aventure ” khmer rouge ” a été largement actionnée par les tensions entre paysans Khmers de souche et Chinois de la diaspora urbaine ?

La distance inter-raciale n’arrange pas les choses , du moins quand elle se superpose à la distance ethno-culturelle , ce qui est partout le cas , sauf peut être dans quelques sociétés créolisées et encore . Elle est objectivement un facteur de division supplémentaire , si ce n’est le plus important .

D’une façon plus générale , tout ce qui hétérogènise une société l’affaiblit et la déstructure. Une des conséquences est d’en augmenter le niveau de violence individuel et étatique .

Bien entendu , il existe des méthodes de gestion de cette instabilité chronique des sociétés non homogènes, de très nombreux remèdes en fonction de la gravité des troubles. Mais aucun ne guérit. Certains soignent en entrainant de graves effets secondaires. L’évolution est celle d’une maladie chronique et toutes les étapes se retrouvent : du pronostic vital engagé comme au Zimbabwe ou en Afrique du Sud, jusqu’à l’état grave mais stabilisé des USA, ou l’évolution rapide vers une aggravation non stabilisée comme en France .

Les seules sociétés qui échappent , au prix fort , à cette règle sont celles , franchement post-traumatiques , qui ont achevé le processus par métissage ou phagocytage communautaire . La plupart sont situées dans l’arc caraïbe et en Amérique latine . Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne sont ni pacifiques ni performantes .

A l’opposé , les sociétés asiatiques qui ont su rester homogènes connaissent en ce début du XXe siècle un essor prodigieux .

On notera que l’Europe de l’Ouest , ethniquement homogène jusque vers les années 60 , s’enfonce progressivement dans des troubles et un état d’instabilité. Le fait que la quasi totalité du débat sociétal et politique soit désormais la question des minorités en est la démonstration évidente .

Les sociétés pluri-ethniques et a fortiori multiraciales sont moins viables que les autres , c’est un fait .

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