Nous sommes trop nombreux

Pour des raisons que je ne peux préciser , il se trouve que plusieurs de mes relations sont des gens qui voyagent en Afrique à la dure et sur le terrain , dans des conditions proches de l’exploration , si ce mot a encore un sens .

A part leur fascination pour ce continent et en particulier pour l’ Afrique noire , tous s’accordent à dire que sorti des grandes villes, les gens sont d’une gentillesse et d’une hospitalité biblique . Le voyageur — solitaire ou non — est sacré partout où subsistent des sociétés traditionnelles ou tout simplement rurales. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire , c’est encore le cas de l’essentiel de l’Afrique .

D’autres voyageant régulièrement sur d’autres zones encore préservées du monde , encore moins accessibles , tiennent exactement le même discours .
L’aspiration des êtres humains est la même partout : la satisfaction des besoins vitaux et un peu plus, la santé , une famille et la paix .

Dans leurs sphères légitimes et historiques d’application , les cultes les plus sévères sont tempérés par le tempérament doux des gens proches de la terre .

Ce sont les villes , l’accumulation des richesses et les organisations sociales complexes qui dégradent les hommes .

On peut être très pessimistes sur l’avenir moral de l’humanité et sur son destin tout court au regard de l’urbanisation exponentielle des humains . Nos innombrables — et probablement insolubles — problèmes n’ont en réalité qu’une seule cause , nous sommes beaucoup trop nombreux.

Les progrès de l’hygiène et de la médecine , ont été apportés inconséquemment à des peuples qui n’étaient pas en mesure d’en supporter les effets (le fait même qu’ils étaient techniquement et culturellement incapables de les envisager eux-mêmes au stade actuel de leur évolution en est la preuve suffisante). C’est un peu ce qui nous arriverait si une civilisation extra-terrestres nous abandonnait une technologie en avance de dix mille ans sur l’état actuel de notre psyché .

Bien sûr , ces idées sont très incorrectes politiquement pour le moment chez nous , mais elles sont malheureusement exactes si l’on porte sur la situation un regard dénué de subjectivité religieuse ou idéologique . Les sociétés occidentales ne sont pas athées. Elles sont post-chrétiennes et le « Croissez et multipliez , Dieu pourvoira à vos besoins » règne encore dans l’inconscient collectif comme un tabou infranchissable . Un homme politique qui tiendrait un discours de réduction démographique planétaire ne serait plus éligible concrètement , alors que d’évidence la situation est en train d’échapper à tout contrôle .

Devons-nous pour des raisons morales , c’est-à-dire culturelles au sens anthropologique (donc variables dans le temps et l’espace) accepter sans anticipation que le plateau démographique de l’humanité se situe autour de douze à quinze milliards (selon les prévisionnistes les plus réalistes) et en subir les insupportables conséquence en termes écologiques , civilisationnels et sanitaires ? Ou devons-nous d’une façon ou d’une autre anticiper sur la suite , c’est-à-dire la chute démographique qui s’amorcera quel que soit le modèle à l’aube du siècle suivant , amenant de nouveau l’humanité à un seuil inférieur au seuil actuel , mais dans un monde dévasté ?
Il est probable que la question ne se pose pas en ces termes. De la même façon que l’explosion actuelle de la population terrestre n’a pas été délibérément orchestrée , mais est une simple conséquence déterministe des modèles sociaux qui furent dominants , il semble que la nature du problème induise la solution .

La croissance démographique est un corolaire de la croissance économique , laquelle dépend des contraintes d’un monde clos aux réserves limitées . On a pu pendant longtemps croire que le ciel de cette croissance était sans limites , sans obstacles visibles , mais depuis peu nous comprenons que nous nous heurtons à un plafond de verre et qu’il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini .

Il n’y a aurait pour échapper à cette condition d’enfermement économique que deux solutions “satisfaisantes” , quelle que soit la quantité d’énergie réellement disponible : percer ce plafond de verre soit par l’espace soit par la conquête intérieure de l’esprit humain .

L’espace , d’ évidence , ne nous offrira pas dans le temps disponible d’échappatoire collectif . Il restera encore pour des siècles un domaine d’exploration scientifique sans offrir une aire d’expansion au vivant.

Reste le choix qui semble se dessiner : la virtualisation du réel , la conquête du cerveau humain par les technologies de l’information . Cette solution qui paraît saugrenue quand on la formule est en réalité déjà en application en Occident depuis plus d’un demi-siècle au travers de la télévision , véritable prolongement sensoriel , troisième œil vissé sur l’appareil de production normatif du pouvoir , fantastique outil de programmation des imaginaires collectifs , expansion neuronale qui relie l’individu par un fil à une pseudo réalité verticale fabriquée par les marionnettistes en chef .

Ne vous y trompez pas : la décision de faire vivre dans le virtuel la plus grande partie de l’humanité , afin de perpétuer la croissance et de laisser crever les autres , voire de les y aider , est une réalité politique du New World Order. C’est le célèbre tittytainment , et l’interconnexion informatique est son prophète . Les avantages en termes économiques sont énormes , le virtuel est sans limites , les lois de Grosch et de Moore assurent une croissance technologique inversement proportionnelle en temes de coût énergétique et de puissance à la rareté . C’est la solution du plafond de verre .

Mais la construction de ce village global contient de nouveaux problèmes insolubles que ses promoteurs n’avaient pas envisagés . Le schéma horizontal de l’interconnexion remet en cause la verticalité du message , Internet n’était pas prévu , et le poison contient l’antidote à la rage des dominants . La montre aussi s’affole , la structure financière s’écroule sous son propre poids , et tout indique que les tenants du NWO n’ont pas à leur disposition le dixième des moyen et du temps nécessaire pour scinder l’humanité entre spectateurs et actionnaires du spectacle .

La virtualisation du réel entamée à Hollywood il y a un siècle ne sera qu’une curiosité historique , une fausse solution . Nous devinons les prémices du chaos général et de la pénurie émergente , et déjà derrière la crevaison en cours de la bulle financière et l ‘effondrement économique de demain , on discerne d’autres bulles : sanitaires , foncières, écologiques , alimentaires , et de très grands bouleversements des équilibres .

La dernière bulle sera démographique . Et quand elle crèvera , nous crèverons avec si nous ne comprenons pas dès maintenant qu’il nous faut dresser une forteresse autour de nos sociétés , passer au fil de l’épée les fous du donjon et déblayer le fumier dans la cour .

Advertisements

Étiquettes : , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :