Comment j’ai assassiné Mme de Fontenay

– Monsieur le Juge, j’ai avoué aux gendarmes. Ça fait cinq fois que vous me faites répéter, ça sert à rien maintenant, j’ai tout dit et j’ai pas envie de me répéter dans la répétition.
– C’est moi qui décide quand vous aurez tout dit, Monsieur. Je tiens à éclairer certains points. Donc le 6 Decembre 2008…
-Le 6 Décembre 2008, à 6h30, je me suis introduit dans la yourte que Madame de Fontenay occupe dans le parc de sa résidence de Mortigny-sur-Belaine. Je l’ai trouvée endormie sur un divan en peau de zébu et je l’ai massacré à coup de casse-tête canaque. Un très beau casse-tête canaque que je tiens de mon arrière grand-oncle qui était navigateur, une pièce de collection en forme de phallus. Il est dans un bois très lourd et très solide.
-Massacré c’est le mot, le médecin légiste a mentionné 427 impacts. La victime est en charpie, des parties en sont détachées, elle est méconnaissable. Pourquoi cet acharnement, enfin c’est au delà de l’acharnement !
-Je ne me l’explique pas, monsieur le Juge, j’ai réduit cette guenon en bouillie, voilà tout. J’en rêvais depuis des lustres et je ne regrette pas mon geste.
-Mais qu’est ce qui vous a poussé à accomplir cet acte abominable et prémédité, enfin… Un garçon comme vous, avec un profil aussi sympathique… L’enquête de personnalité est éblouissante, vous êtes membres de toutes les associations caritatives de votre bourg, ancien enfant de chœur, bon soldat, père de famille honorable, mari attentionné et commerçant aimé de tous. Vous êtes un membre apprécié de votre collectivité, vous êtes conseiller municipal sur une liste civile proche des verts imprimée sur papier biodégradable, vous militez pour le tri des ordures ménagères, vous participez au téléthon, votre profession même, parle en votre faveur ! Enfin, vous tenez bien un magasin de jouets en bois équitable et avez adopté un petit somalien handicapé, Pinokio, je crois …
-Je sais, je ne demande aucune circonstance atténuante, j’ai prémédité mon crime et ce fut un régal. Je tiens même à ajouter que si les gendarmes ne m’avait pas arrêté sur le champ grâce au jardinier, Omar, alerté par les cris de la poufiasse, mon intention était d’éjaculer sur ses restes encore chauds puis de la foutre dans une terrine avec des oignons pour la bouffer avec un petit Chambertin après avoir incendié son espèce de tipi.
-Je note que vous n’avez opposé aucune résistance.
-Je n’ai rien contre les forces de l’ordre Monsieur le Juge, je ne hais personne sauf cette momie de héron chauve aux pattes de haricots verts et son chapeau de zappatiste, la grand Mère de Boy Georges, mais elle est morte maintenant, Ahahahahahahahaha (rire dément).
-Donc vous n’avez pas de mobile. Vous essayez de me faire croire que c’est un crime sexuel, un crime de fou, de cannibale ?
-Pas du tout, Monsieur le Juge, j’ai simplement dit que je ne m’expliquais pas mes motivations, mais par contre je les connais. Je ne suis pas un cannibale ou un détraqué sexuel. Je voulais juste que ce crime soit le plus abominable possible et marque les esprits.
-Nous y voilà, précisez, allez un effort.
-La vulgarité, Monsieur, la plus extrême vulgarité, une insulte constante. Mais vous ne pouvez pas comprendre.

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